Le gaz de schiste plus polluant que le charbon?


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Le gaz de schiste, meilleur pour le climat que le charbon ? Une nouvelle étude relance la polémique
L’exploitation du gaz de schiste, en plein essor au Etats-Unis, émettrait-elle plus de gaz à effet de serre (GES) que celle du charbon ? Alors que le gaz de schiste reçoit de plus en plus d’intérêt de la part des industriels et des pouvoirs publics, cette question taraude la communauté scientifique, puisqu’elle pourrait remettre en cause un des principaux arguments en faveur du développement du gaz de schiste : la perspective d’avoir une source d’énergie moins carbonée pour diminuer la part du charbon dans la production d’électricité [1].

Dans une étude parue le 25 Octobre dans la revue Environmental Research Letters, l’équipe du Dr. Nathan Hultman de l’université du Maryland apporte sa contribution à cette question en évaluant l’impact climatique de l’exploitation du gaz de schiste destiné à la production électrique sur l’ensemble de son cycle de vie [2). D’après leurs résultats, les émissions de GES du gaz de schiste ne représenteraient que 56% de celles résultant de l’exploitation du charbon, un résultat conforme à l’ordre de grandeur régulièrement évoqué. Par ailleurs, les émissions de GES en provenance du gaz de schiste seraient également légèrement plus importantes que celles du gaz naturel conventionnel (+11%), principalement en raison des fuites de méthane plus importantes au cours de la vie d’un puits de gaz non-conventionnel.

« Evalué sur le seul critère des émissions de gaz à effet de serre […], le gaz de schiste n’est pas susceptible d’être significativement plus polluant que le gaz conventionnel » peut-on lire dans l’étude. « L’argumentation selon laquelle le gaz de schiste serait plus polluant que le charbon est largement infondé. »

Cette étude fait suite à plusieurs travaux dans ce domaine publiés au cours de l’année 2011. En particulier, elle s’oppose frontalement à une étude de l’université de Cornell (New York), publiée en avril 2011 [3]. L’équipe du professeur Robert Howarth, auteur principal de ladite étude, estimait qu’en raison des nombreuses fuites ayant lieu lors de l’exploitation d’un puits et de l’impact climatique important à court terme du méthane (puissant GES), l’impact climatique du gaz de schiste pouvait être comparable voir supérieur à celui du charbon. La méthodologie de l’étude a été très critiquée par les industriels et les scientifiques car elle attribuait une valeur fixe et jugée trop élevée au pouvoir de réchauffement global (PRG) du méthane, et parce qu’elle limitait le cadre de l’étude à 20 ans, surestimant les impacts à court terme « sans raison évidente » selon ses critiques.

L’équipe du Dr. Hultman reconnait que le manque de données de terrain disponibles – notamment sur les émissions « fugitives » de méthane – limite la portée de leurs conclusions. Ainsi, les chercheurs appellent les pouvoirs publics à exiger dans leurs politiques publiques une collecte systématique et transparente de données de terrain, se faisant ainsi l’écho d’autres recommandations similaires formulées auparavant, notamment par le conseil consultatif du secrétaire à l’énergie Steve Chu dans son rapport intérimaire paru cet été [3]. Cependant, de nombreux spécialistes estiment que l’adoption par les exploitants des puits de meilleures pratiques de captage et de torchage du méthane ainsi que l’évolution de la technologie diminueront à l’avenir l’intensité carbone de l’exploitation du gaz de schiste.

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