Elle veut maigrir et meurt.


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Les douleurs au ventre, « c’est bénin », les vomissements, « c’est normal ». Pendant près d’un an, en consultation à 93€, Madeleine Ferrato a cru aux paroles rassurantes du chirurgien. « Ne vous inquiétez pas, nous disait-il encore, le jour où ma mère est morte, dans des douleurs abominables… » se souvient Sylvie, sa fille. Cinq ans après ce décès tragique, le tribunal de Marseille vient de reconnaître l’erreur médicale par « choix inapproprié de l’indication opératoire » ainsi que le « manquement à l’obligation d’information » de la patiente sur les risques encourus; condamnant le chirurgien à indemniser la famille à hauteur de 50 000€.

Mais l’argent n’est rien pour les Ferrato. Ce qu’ils veulent, c’est témoigner du calvaire de Madeleine, pour mettre en garde contre cette chirurgie à haut risque, trop souvent présentée comme le remède miracle contre l’obésité. « Les gens confient leur vie à des chirurgiens sans être informés ni suffisamment suivis », estime leur avocat, Me Pascal Consolin, qui a déjà traité plusieurs affaires similaires. Le chirurgien de Madeleine est pourtant l’un des plus réputés de la discipline : le Dr Jean-Marie Zimmermann, qui officie au tout nouveau centre de l’obésité de la Résidence du parc, c’est un peu le seigneur des anneaux en silicone, le Merlin de la chirurgie bariatrique : cette spécialité en plein boom qui consiste à resserrer, court-circuiter, voire supprimer l’estomac, afin de faire maigrir les grands obèses.

En 1999, Madeleine pèse 118 kg lorsqu’elle le consulte, à la clinique Clairval en vue de la pose d’un anneau gastrique. Au vu de ses lourds antécédents médicaux (deux oedèmes pulmonaires), le médecin refuse de pratiquer l’intervention. Mais un autre praticien accepte, et Madeleine perd 30 kg en une année… qu’elle reprend aussi vite. En 2001, la patiente retourne consulter le Dr Zimmermann, qui lui propose cette fois un procédé radical : le « gastric bypass », une intervention qui consiste à court-circuiter l’estomac, en raccordant l’oesophage à l’intestin.

« Jamais nous n’aurions accepté cette opération si nous avions su que ma mère risquait de mourir », assure Sylvie. Les risques étaient pourtant connus dira le tribunal, qui établit une relation directe entre l’intervention et le décès. Contactés par La Provence, le médecin et son avocat n’ont pas souhaité apporter de commentaires. On ignore s’ils comptent faire appel de cette décision. Au-delà de l’erreur médicale, les Ferrato ne se remettent pas des circonstances terribles qui ont entouré le décès de Madeleine, réopérée en janvier 2005 par le même chirurgien qui avait diagnostiqué une bride de l’intestin dans le péritoine.

« La nuit qui a suivi, ma mère criait dans son lit avec 39 de fièvre. Le lendemain, elle s’est écroulée dans sa salle de bain en vomissant ». Deux jours plus tard et après une troisième intervention, Madeleine succombait à une péritonite par lâchage des points de suture. Quelques semaines plus tard, en guise de condoléances, la clinique réclamait 67€ aux Ferrato pour frais d’envoi du dossier médical.

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