Soyouz arrive en Guyane!


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« La fusée Ariane 5 est optimisée pour mettre en orbite de transfert géostationnaire de gros satellites de 5 à 10 tonnes. L’utiliser pour de petites charges ne serait pas rentable, ce serait comme utiliser un poids lourd pour déplacer une valise ! », résume Jean-Marc Astorg, sous-directeur à la direction des lanceurs du CNES.
C’est ainsi que l’Europe décide de se doter d’un nouveau lanceur, de taille intermédiaire entre Ariane 5 et Véga (1).
Rapidement, le choix s’oriente vers Soyouz. Une fusée russe extrêmement fiable, idéale pour lancer des satellites de 2 ou 3 t en orbite géostationnaire et potentiellement capable d’envoyer des hommes dans l’espace.



« Soyouz est produite de manière continue en Russie depuis les années 1950 et a encore un grand avenir devant elle. Après l’arrêt de la navette américaine, ce sera le seul lanceur au monde à faire des vols habités », souligne Jean-Marc Astorg. Autre avantage de cette délocalisation : depuis la Guyane, Soyouz va doubler ses performances.


Il pourra satelliser 3 t de matériel contre 1,5 t depuis le cosmodrome de Baïkonour (2). En effet, le Centre spatial guyanais se trouve à proximité de l’équateur, permettant aux lanceurs de bénéficier pleinement de la vitesse de rotation de la Terre. Et si la version « européenne » ressemble comme deux gouttes d’eau à celle des Russes – c’est d’ailleurs eux qui en assurent la fabrication – elle s’en distingue par quelques détails.


« Elle a notamment été équipée d’un système de neutralisation qui permet, depuis le sol, de stopper le lanceur en cas de déviation de trajectoire », illustre Jean-Marc Astorg.





Du côté du pas de tir, quelques aménagements ont également été réalisés.


Un portique mobile, actuellement en cours d’assemblage en Guyane, a été spécialement conçu pour intégrer les satellites en haut du lanceur.


« Les Russes intègrent les satellites à l’horizontale et redressent ensuite le lanceur sur son pas de tir. Alors qu’en Europe, tout se passe à la verticale, explique Jean-Marc Astorg. Avec ce portique, il sera alors possible d’intégrer un satellite indifféremment sur Soyouz ou sur Véga, en fonction des contraintes de lancement. »



« Autre avantage : cette structure métallique offrira une protection aux opérateurs qui interviennent sur le lanceur et qui sont exposés au climat humide de la Guyane, aux moustiques, à la papillonite (3)… », rajoute-t-il.


Tandis que les Russes vont continuer à utiliser Soyouz pour les vols gouvernementaux et les vols habités, l’Europe comptent effectuer entre 2 et 4 lancements de satellites commerciaux par an depuis Kourou.


Le 1er lancement européen est prévu d’ici la fin de l’année 2010. 



(1) Petit lanceur européen chargé de mettre en orbite des satellites de quelques centaines de kilos.
(2) Site de lancement russe d’où Soyouz prend d’ordinaire son envol.
(3) Affection cutanée provoquée par les poils urticants de certains papillons nocturnes.

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