Quatre squelettes de la protohistoire dans la Marne.


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LA Zac dite de la « Haute Voie » n’a pas fini de livrer ses secrets à Loisy-sur-Marne. Au fond d’un silo à grains, Régis Issenmann, archéologue spécialisé dans la protohistoire et l’époque romaine à la société Eveha*, a découvert quatre squelettes en parfait état de conservation.
« Une analyse anthropologique a été menée pour connaître notamment leur sexe et leur âge », indique-t-il. Il s’agirait de quatre hommes, dans la force de l’âge, en bonne santé. « Ils ne portent aucune trace de maladie, de blessures ou de malnutrition », précise-t-il.
Ces quatre hommes auraient vécu durant l’âge de bronze final, c’est-à-dire entre 1350 et 1150 avant Jésus-Christ. Des ossements ont été envoyés en Pologne afin de les dater précisément au carbone 14. Pour cet archéologue, il s’agit d’une « belle découverte ». « Il en existe peu d’aussi anciennes en France et qui sont publiées », souligne Régis Issenmann.
Rituel ou non ?
C’est pourquoi, des recherches sont menées actuellement dans toutes les publications parues en Europe. Régis Issenmann veut comprendre pourquoi ces quatre squelettes ont été enterrés dans un silo à grains.
« À l’âge de bronze, c’était un trou en forme de poire à l’intérieur duquel était stockée la récolte. Les graines étaient ainsi protégées de la lumière et de la chaleur. Elles pouvaient ainsi se conserver durant plusieurs années, explique-t-il. Ces gens sont-ils morts dans le cadre d’un rituel lié à la terre ou à la récolte ? C’est l’une des questions que l’on se pose. Pour l’instant, nous ne pouvons pas faire de lien direct… »
Des gobelets et vases en céramique ont par ailleurs été découverts à côté de ces quatre squelettes. Des objets qui sont généralement retrouvés dans les nécropoles. Cet archéologue s’attendait à faire quelques trouvailles sur la Zac de Loisy-sur-Marne. Au début de l’année 2008, une équipe de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) avait diagnostiqué la présence de vestiges artisanaux et domestiques attribués à l’Antiquité, probablement associés à une voie de circulation.
Un site gallo-romain
En octobre dernier, Régis Issenmann et son équipe ont mis au jour un site gallo-romain, daté entre le IIIe et le IVe siècle après Jésus-Christ. Sur une parcelle d’1 hectare, ils ont découvert une maison sur sablière basse délimitée par un enclos, un puits et quelques fosses, avec de nombreux petits fours de cuisson. Ils ont également retrouvé une annexe agricole sur poteaux, ainsi qu’un ancien chemin. Tout un tas de céramiques, ossements d’animaux, fragments de récipients en verre ou encore éléments de parure ont également pu être sortis de terre. En décembre, deux tombes romaines ont été déterrées. « Nous nous attendions à trouver des vestiges gaulois, mais pas de l’âge de bronze », rappelle cet archéologue en faisant référence aux quatre squelettes.
Quoi qu’il en soit, cette découverte surprenante clôture les fouilles archéologiques sur la Zac dite de la « Haute Voie ».
Stéphanie GRUSS
*Eveha est un bureau d’études basé à Limoges, spécialisé dans les recherches archéologiques pour les périodes protohistorique, antique, médiévale et moderne.

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