Votre salive contre le cancer.



Le cancer pancréatique peut prendre différentes formes en fonction de la zone du pancréas affectée. Sa forme la plus commune, l’adénocarcinome du canal pancréatique, constitue le type de cancer le plus mortel au monde, son taux de mortalité associé étant quasiment égal au taux d’incidence. Les méthodes thérapeutiques actuellement utilisées sont fortement dépendantes de la taille de la tumeur, de sa localisation et du développement possible de métastases. Ainsi, la chirurgie est rendue difficile par la présence de nombreuses veines au niveau du pancréas et l’ablation de la tumeur a des conséquences importantes sur les systèmes sanguin, digestif et biliaire, restreignant de facto cette solution aux patients en bonne condition générale. La radiothérapie, la radio-chimiothérapie et la chimiothérapie sont également utilisées, en complément ou en remplacement de la chirurgie mais leur efficacité est soumise à controverse. De plus, les symptômes associés au cancer pancréatique (jaunisse et douleurs abdominales) n’apparaissent qu’à des stades avancés du développement de la maladie, rendant la thérapie d’autant plus difficile.

La découverte réalisée par une équipe multidisciplinaire de UC Los Angeles pourrait à terme permettre la mise au point d’une méthode de diagnostic précoce et non invasive de ce type de cancer. Elle est basée sur l’étude de la salive et des marqueurs biologiques qu’elle contient afin de diagnostiquer la maladie. En comparant la salive de personnes saines et de personnes atteintes d’un cancer pancréatique, les chercheurs de UC Los Angeles travaillant au sein de la Faculté de médecine dentaire, de la Faculté de Médecine, de l’Ecole de Santé Publique et du Jonsson Comprehensive Cancer Center ont pu identifier quatre marqueurs biologiques, des ARN messagers, permettant de différencier les deux groupes avec une sensibilité de 90%. La spécificité du test est également prometteuse puisqu’il permet de différencier les personnes atteintes d’un cancer du pancréas et celles souffrant de pancréatite, une infection ou inflammation du pancréas.

L’étude a été menée par David Wong, dont l’équipe avait démontré en 2008 la pertinence de tests salivaires pour la détection de cancers oraux [1]. Les tests salivaires pour le diagnostic de maladies systémiques constituent un domaine de recherche important. Ils ont en effet l’avantage d’être simples à mettre en oeuvre et sont généralement peu coûteux. Cette étude, bien que prometteuse, n’a pour l’instant porté que sur un échantillon de 90 personnes, trop réduit pour avoir un poids statistique réel. Les chercheurs de UCLA espèrent cependant pouvoir mettre la méthode à l’épreuve au cours de tests à plus grande échelle. Une poursuite des recherches est également nécessaire pour déterminer la capacité de cette méthode à détecter les cancers dans un stade de développement très précoce, voire avant le développement de leur caractère invasif.

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